Baromètre des pratiques de paiement – Printemps 2012

Une étude menée au début de l’année 2012 par la société Atriadus, l’un des principaux acteurs mondiaux de l’assurance-crédit, permet d’établir un baromètre des pratiques de gestion des créances dans 14 pays d’Europe occidentale. Intéressons-nous aux résultats des entreprises françaises dans un contexte de dégradation économique aux conséquences lourdes sur leur trésorerie.

Un contexte de crise

La dégradation économique s’accompagne d’un durcissement des critères de garantie pour les crédits bancaires professionnels, ce qui entraîne de fortes répercussions sur la trésorerie des sociétés.
La Loi de Modernisation de l’Économie (LME) du 4 août 2008, qui plafonne les délais de paiement à 60 jours nets, préserve dans une certaine mesure les entreprises françaises qui conservent une place honorable dans le classement des pays de l’Union Européenne. Le délai moyen  accordé par les sociétés françaises à leurs clients B2B pour solder une facture est en effet de 35 jours, soit le même qu’à l’automne 2011.

Allongement des retards de paiement

Malgré l’application de la LME, les retards de règlement ont toutefois augmenté de manière significative, atteignant 13,6 jours au premier trimestre 2012, soit un délai de paiement de 40,6 jours. À titre comparatif, ce dernier était de 27 lors de l’étude précédente. Ces retards, qui concernent 26,7 % des créances domestiques, 31,6 % des créances export, et plus de deux tiers de la totalité des factures émises, sont justifiés dans la majorité des cas par une trésorerie insuffisante (57,6 % des clients domestiques débiteurs). Cette conjoncture incite les entreprises à vouloir renforcer la mise en place de leur credit management afin de parvenir à une meilleure gestion des créances.

Renforcement des procédures de gestion des créances

Afin de limiter les risques de pertes, réduire les délais de règlement et faciliter ainsi le financement de son besoin en fonds de roulement (BFR), près d’une entreprise sur deux se dit prête à adopter une mise en place plus stricte de ses techniques de gestion du crédit. Tandis que les grandes sociétés ont été en mesure d’accorder des délais de règlement plus longs et de proposer de l’escompte à leurs clients pour favoriser leurs rentrées de liquidités, les PME ont quant à elles enregistré le délai de règlement moyen le plus élevé. Pour cette raison, elles prévoient d’être particulièrement actives dans les mois à venir sur le plan de la gestion des risques. Il s’agira notamment de :

  • surveiller plus attentivement le risque de crédit des clients ;
  • s’assurer de leur solvabilité ;
  • mettre en place un credit management plus agressif, en augmentant par exemple les relances.